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9.1.19

Paralysée par la montée des populismes, l’Europe impuissante face au drame des migrants


A bord du « Sea-Watch-3 », près des côtes maltaises, le 4 janvier 2019. Ce navire, affrété par une ONG allemande, a secouru des migrants au large de la Libye avant Noël.
A bord du « Sea-Watch-3 », près des côtes maltaises, le 4 janvier 2019. Ce navire, affrété par une ONG allemande, a secouru des migrants au large de la Libye avant Noël. DARRIN ZAMMIT LUPI / REUTERS

Editorial. Le Monde
Alors que la Méditerranée est devenue la voie de migration la plus meurtrière du monde, les Etats européens semblent incapables de mettre sur pied une politique commune d’accueil.


Editorial du « Monde ». Des hommes, des femmes et des enfants se noient en fuyant leur pays. Quels que soient les risques encourus, ils continuent de périr en tentant de rejoindre l’Europe. Trois ans après l’arrivée massive de migrants et leur accueil notamment par l’Allemagne, le continent est pourtant devenu un eldorado de plus en plus inhospitalier. Des routes ont été fermées, des murs érigés, des frontières cadenassées, faisant de la Méditerranée la voie de migration la plus meurtrière du monde.
Selon le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR), qui a publié son bilan le 3 janvier, 2 260 personnes sont mortes en mer en 2018 entre l’Afrique et l’Europe. Même si c’est un millier de moins qu’en 2017, cela reste une honte absolue pour une Europe qui a décidé l’an dernier, selon les Etats, de fermer ses ports, comme l’Italie ou Malte, ou de ne pas accorder de pavillon à un bateau de secours en mer, tel l’Aquarius, forcé de suspendre ses activités humanitaires.
La pression migratoire est pourtant en baisse constante depuis la ruée vers l’Europe de 2015. Ainsi, 150 000 migrants sont arrivés à destination en 2018, selon Frontex, l’agence européenne de coopération aux frontières (115 000 selon le HCR), loin du pic de 1 million de 2015. La première porte d’entrée est désormais l’Espagne, à la suite des accords passés par l’Italie avec la Libye pour empêcher les départs en mer.
En dépit de cette baisse drastique, les politiques européens, tétanisés par la montée des nationalismes et de la xénophobie, continuent à ne pas trouver de politique commune et humaniste face à ces voyageurs prêts à tout pour fuir la misère et la guerre.

« Record de la honte »

Des ONG de défense des droits de l’homme ont dénoncé, vendredi 4 janvier, un nouveau « record de la honte » alors que 49 migrants, dont des enfants en bas âge, secourus en mer au large de la Libye, restent ballottés depuis deux semaines dans une mer houleuse près des côtes maltaises à bord de deux navires ayant récemment pris le relais de l’Aquarius, le Sea-Watch et le Sea-Eye.


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La Commission européenne négocie leur débarquement en appelant les Etats à « plus de solidarité ». Seuls l’Allemagne, les Pays-Bas et la France se sont portés volontaires pour accueillir « une partie des migrants ». Reste à trouver un port de débarquement, ce qu’aucun pays à frontière maritime ne propose pour le moment.
L’accord européen conclu en juin 2018 sur la création de « plates-formes de débarquement » et de « centres contrôlés » n’a toujours pas été mis en application. A quelques mois d’élections européennes où chaque pays redoute une nouvelle montée de l’extrême droite, la paralysie est totale. La seule « efficacité » de l’Europe semble être, vu la chute des arrivées, les accords conclus avec des pays de transit tels que la Turquie et la Libye. Une efficacité discutable, sinon morbide, quand on connaît les conditions de survie dans un pays en guerre comme la ­Libye. Le HCR appelle les pays européens à « sortir de l’impasse ».
Fait nouveau, il y a une seconde mer où les migrants se jettent désormais à l’eau dans de frêles embarcations, en dépit des flots agités et des températures hivernales : la Manche. Londres estime que 539 migrants ont tenté cette traversée depuis la France en 2018, dont 80 % durant les trois derniers mois de l’année. Un navire britannique de patrouille a été envoyé dans la zone. L’Europe doit tout faire pour empêcher que celle-ci ne devienne, après la ­Méditerranée, un second tombeau marin sur les ruines de nos valeurs d’hospitalité et d’humanité.



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Le Monde

30.10.16

La « surprise d’octobre », tradition politique américaine

De 1968 à 2016, les dernières semaines de campagne ont souvent été marquées par des boules puantes, la sortie de cadavres oubliés dans des placards ou la survenue d’un événement qui vient bouleverser le cours du scrutin.
Le Monde.fr avec AFP | • Mis à jour le | Par

De 1968 jusqu’en 2016, les dernières semaines de campagne ont systématiquement été marquées par des boules puantes, la sortie de cadavres oubliés dans des placards ou la survenue d’un événement qui vient bouleverser le cours du scrutin.

A chaque élection présidentielle américaine, le dernier mois de la campagne est celui de tous les dangers, celui de la « surprise d’octobre ». Celle-ci se caractérise par un lâcher de boules puantes, la sortie de cadavres oubliés dans des placards ou la survenue d’un événement lié au hasard, ou délibérément orchestré, qui vient bouleverser le cours de l’élection.

La campagne de 2016 n’échappe pas à cette règle. Pour Donald Trump, il n’y a pas eu une, mais une brochette de « surprises d’octobre ». Il y a l’embarras du choix : ses propos obscènes sur les femmes, des femmes qui ont décidé de sortir de l’anonymat pour l’accuser d’agression sexuelle, la révélation concernant les impôts qu’il ne paie pas, les débats télévisés où il n’a pas brillé, ses propos sur les élections truquées, les sondages annonçant sa déroute dans des Etats traditionnellement républicains. Dans les sondages, le navire Trump a tangué, mais il n’a pas coulé, loin s’en faut, tant le candidat semble équipé d’une armure en Téflon.
Pour Hillary Clinton, octobre s’annonçait prometteur : elle a réussi à s’imposer dans les débats face à Donald Trump, les révélations WikiLeaks n’ont pas influencé les sondages qui lui prédisent la victoire.
Jusqu’à l’annonce, vendredi 28 octobre, par James Comey, le directeur du FBI, que l’agence fédérale allait rouvrir le dossier classé de la messagerie privée d’Hillary Clinton, après la découverte de nouveaux messages sur un ordinateur portable d’Huma Abedin – proche conseillère de la démocrate – et de son mari Anthony Weiner (dont elle s’est séparée) fait l’objet d’une enquête distincte pour l’envoi de messages à caractère sexuel à une mineure.

1968, 1980, 2000… : à chaque élection, ou presque, sa surprise

La « surprise d’octobre » ne date pas de cette année. C’est devenu une tradition dans l’élection présidentielle américaine.
L’expression est attribuée à William Casey, un assistant de Richard Nixon, candidat républicain opposé au vice-président démocrate Hubert Humphrey en 1968. Dans l’esprit de William Casey, la « surprise » aurait pris la forme d’un accord de paix négocié à la dernière minute avec le Nord-Vietnam, afin d’aider Hubert Humphrey à remporter l’élection. Richard Nixon torpilla cette initiative en promettant un support accru de la part des Etats-Unis au régime sud-vietnamien et remporta l’élection.
La « surprise » fit un retour lors de l’élection de Ronald Reagan en 1980. Le candidat républicain craignait une opération de dernière minute permettant la libération des 52 otages américains retenus à l’ambassade des Etats-Unis à Téhéran. L’Iran annonça, quelques jours avant le début du vote, que les otages seraient libérés après l’élection. Ils le furent quelques instants après que Ronald Reagan prêta serment, le 20 janvier 1981, ce qui alimenta les spéculations sur un accord secret.
Vingt ans plus tard, lors de l’élection de 2000 entre George W. Bush et Al Gore, Fox News rappela que, vingt-quatre ans plus tôt, le candidat républicain avait été arrêté dans le Maine alors qu’il conduisait « sous l’influence de l’alcool ». Karl Rove, le stratège de George W. Bush, estime que cette révélation « surprise » fit perdre cinq Etats au républicain et contribua au résultat serré qui nécessita éventuellement un recomptage en Floride.
En 2004, Oussama Ben Laden joua un rôle dans la campagne avec une vidéo dans laquelle il revendiquait le 11-Septembre et présentait le président George W. Bush comme son ennemi… renforçant au passage la stature du candidat républicain et facilitant son élection.
En 2012, la surprise eut lieu, une fois n’est pas coutume, en septembre, avec la diffusion de plusieurs vidéos dans lesquelles Mitt Romney, le candidat républicain, tenait des propos particulièrement durs contre les « 47 % d’assistés qui soutiennent Barack Obama, parce qu’ils dépendent de l’aide de l’Etat fédéral ». Cette vidéo est devenue un argument de campagne pour Barack Obama dans les swing states, le président sortant affirmant que lorsqu’on veut être élu président, on travaille pour tous les Américains, pas que pour quelques-uns. Quelques mois après sa défaite, Mitt Romney a reconnu que la vidéo avait passablement nui à sa campagne.
Pour Hillary Clinton et Donald Trump, il reste à évaluer l’impact de cette nouvelle investigation par le FBI. Le sondage ABC-Washington Post publié samedi montrait déjà un resserrement entre les deux candidats : la démocrate recueillant 47 % des intentions de vote contre 45 % pour Donald Trump, contre une avance de 12 points dans le même sondage pour la candidate, la semaine dernière.

6.4.11

Nous ne vivons pas dans le meilleur des mondes (technologiques)

Marco Morosini, chercheur en développement durable à l'Ecole polytechnique fédérale de Zuric (Le Monde)

Le Japon est peut-être le seul pays capable de transformer – bien malgré lui – une catastrophe industrielle en un boomerang revenant dans le figure des prophètes des mégatechnologies. Il n'est donc pas improbable que le tragique tremblement de terre japonais – comme celui de Lisbonne en 1755 – ébranle la foi de ceux qui pensent vivre dans le meilleur des mondes (technologiques) possibles.

Celui qui se retrouve au bord de la catastrophe nucléaire, ce n'est pas un pays dysfonctionnel et approximatif mais un pays qui a envahi le monde avec des produits technologiques parfaits (les inventeurs du "zero défaut") et des voitures qui ont la plus faible proportion de pannes, le pays avec la plus grande connaissance des tremblements de terre et de tsunamis et avec la plus haute compétence antisismique, le pays avec le nombre le plus élevé de réacteurs nucléaires par habitant (après la France) et la plus ample expérience dans les dommages nucléaires. Donc, beaucoup de gens se demandent : si les meilleurs techniciens du monde ne savent pas contrôler leurs réacteurs, pourquoi devrions-nous croire à ceux qui nous promettent que d'autres seraient capable de le faire ?
Avec le bon sens dont certains experts semblent pouvoir se passer, certaines catastrophes technologiques et économiques semblent faciles à comprendre par la suite. Prenons par exemple le Concorde, l'avion passager supersonique qui est maintenant dans un musée. Dans l'an 2000 il aurait dû être l'avion le plus vendu au monde, disaient les fabricants. Aujourd'hui, il semble bizarre que tant de techniciens aient cru que dans un monde où les coûts et les effets climatiques du pétrole sont de plus en plus grands, on aurait pu vendre des centaines d'avions supersoniques qui consomment et polluent le triple des autres. Ou prenons les "tours jumelles". Selon leur concepteur elles auraient dû résister à l'impact mécanique d'un jumbo-jet ; en fait, le 11-Septembre ce n'est pas l'impact qui les a fait effondrer mais plutôt le stress thermique du kérosène incendié – que le concepteur n'avait pas calculé.
A Fukushima peut-être que cela a été pareil : les ingénieurs avaient pensé à de nombreuses hypothèses – mais pas à toutes. Les experts du risque le confirmeraient : avec les mégatechnologies la possibilité de l'événement le plus adverse est bien réelle, mais sa probabilité est si faible que certains d'entre eux disent au grand public qu'elle est "pratiquement" nulle, que les centrales atomiques "sont sûres". Or si c'était vraiment le cas, les compagnies d'assurance se battraient pour pouvoir assurer un risque, où il y aurait seulement à gagner et "certainement" rien à perdre. La réalité est bien différente.
En Suisse par exemple chaque centrale est assurée pour un maximum de 1 milliard de francs, contre une perte possible de 100 milliards, estimés par l'Office fédéral de la protection civile. Un projet de loi du "vert libéral" Martin Baeumle vise à introduire une assurance obligatoire pour dégâts de 500 milliards, ce qui conduirait à des augmentations de 5 à 50 centimes par kWh (ce denier coûte maintenant 20 centimes). En Allemagne, le maximum de dommages couvert est de 2,5 milliards d'euros par centrale, par rapport à un maximum de dégâts de 5 500 milliards estimé par des études fédérales. D'autres estimations parviennent à 11 000 milliards d'euros. C'est pourquoi un groupe d'organisations collecte des signatures en Allemagne pour introduire une vraie assurance obligatoire.

UN SIGNAL FORT DU MARCHÉ DE L'ASSURANCE
Selon ces chiffres, les centrales nucléaires, contrairement à la moindre mobylette, fonctionnent presque sans assurance. Il est intéressant de noter que si pour certaines élites, "le marché doit tout diriger", lorsqu'il s'agit des risques atomiques les mêmes ignorent le signal fort et clair du marché de l'assurance – qui généralement est en mesure de mettre un prix sur tout.
Constatons aussi que dans le cas des risques atomiques, les réponses des assureurs et du philosophe sont similaires. Le fait n'est pas que les assureurs calculent une prime trop élevée pour les centrales atomiques. Le fait est tout simplement qu'ils n'assument pas ce risque. Et ce à aucun prix. Normalement le prix pour couvrir un risque est basé sur la multiplication du montant maximum de dégâts par la probabilité qu'il se produise. Mais là où le dommage est irréparable et incalculable, le fait que sa probabilité supposée soit d'un millionième ou bien d'un milliardième, cela ne change en rien.
Lorsque le risque est la perte totale, il ne peut tout simplement pas être pris en charge. Dans l'âge des mégarisques il est donc sage de s'orienter vers la "heuristique de la peur", qui donne la préférence à considérer l'hypothèse la plus défavorables, quelle que soit sa probabilité, quand elle se réfère à une perte inacceptable. C'est bien là le message central du philosophe Hans Jonas, dans son ouvrage classique Le principe responsabilité. Une éthique pour la civilisation technologique (Flammarion, 1979), trop souvent caricaturé en France en mettant à toutes les sauces le principe de précaution, depuis son entrée dans la Constitution.
"To-cheap-to-meter" (trop-bon-marché-pour-être-mesurée) disaient il y a quarante ans les prophètes de l'électricité atomique, en promettant la disparition des compteurs électriques de nos maisons. "Trop chère payée" semble être le message qui vient du Japon.

30.4.08

Penuria alimentare, un dossier di Le Monde diplomatique

«Abbiamo fame», un grido sempre più frequente nelle rivolte che, dall'Africa alle Filippine, dall'India ad Haiti, portano in piazza le masse popolari, colpite dalla «crisi del riso» e dalle scelte del Fondo Monetario

Geraldina Colotti

«Fmi-Faim», Fmi ovvero fame. Il Fondo monetario internazionale produce fame. Va diritto al cuore del problema l'editoriale di Serge Halimi, direttore di Le Monde diplomatique, nel numero di maggio della rivista internazionale - in uscita il 15, e per tutto il mese, insieme al manifesto. Sullo stesso tono il dossier centrale del Diplo che spiega con dati e cifre in quante lingue del pianeta si sta pronunciando il grido: «abbiamo fame». Dall'Africa ad Haiti, dall'Indonesia alle Filippine, quote sempre maggiori di popolazione sono colpite dalla penuria alimentare. E seppure un paese come l'Australia quest'anno promette un ottimo raccolto invernale di frumento (12,4 milioni di tonnellate), che farebbe sperare in un ribasso dei prezzi internazionali, anche il nord del pianeta non può sentirsi al sicuro. La rabbia delle popolazioni esplode, evidenziando la geografia e le cifre stratosferiche dei «rifugiati per fame».
In Senegal, le madri di famiglia che non hanno più niente da far bollire, marciano con le pentole rovesciate, che ogni sera risuonano in tutte le case come tamburi. In Egitto dove si protesta per il pane, l'opposizione islamista accusa il governo di aver provocato la crisi acquistando prodotti importati a minor prezzo dall'estero anziché dai produttori locali, che preferiscono coltivare frutta, più facilmente esportabile sui mercati internazionali. Ad Haiti, le rivolte per fame, a inizio aprile, hanno provocato cinque morti e duecento feriti e la destituzione del primo ministro Jacques-Edouard Alexis. E diversi paesi asiatici, specialmente Indonesia e Filippine, temono il moltiplicarsi di manifestazioni come quella che, all'inizio dell'anno, ha portato in piazza a Giakarta oltre 10.000 persone contro l'aumento del prezzo del tofu. Rivolte contro l'aumento del prezzo della soia, della carne, e soprattutto del riso. Nel dossier, gli articoli del giornalista Dominique Baillard ricordano i dati della Fao, l'Organizzazione delle Nazioni unite per l'agricoltura e l'alimentazione: per la prima volta dal 1989, il prezzo della varietà di riso «thaie», che fa da riferimento, ha superato i 500 dollari (320 euro). Paesi come le Filippine, primo importatore mondiale, sono in serie difficoltà in quanto l'offerta globale di riso (420 milioni di tonnellate) risulta al di sotto della domanda (almeno 430). Le riserve mondiali di riso - ricorda ancora il Diplo - hanno toccato il livello mondiale più basso da 25 anni: 70 milioni di tonnellate, la metà di meno di quelle del 2000.
Colpa dei cinesi che hanno cominciato a mangiare troppa carne? Colpa degli stati come l'Argentina che hanno scelto di «proteggere» i loro prodotti destinando meno quote all'esportazione e più al mercato interno? Si può condannare uno stato che scelga di nutrire i propri cittadini prima di sottostare ai diktat dei mercati internazionali? Il punto - mostra il dossier - è invece quello di indicare a chiare lettere il fallimento e i paradossi dei «piani di aggiustamento strutturale» imposti dal Fondo monetario internazionale e dalla Banca mondiale. L'equazione: sviluppo solo a prezzo delle privatizzazioni di beni e servizi e di investimenti agevolati per le grandi imprese multinazionali, imposta al sud del mondo, ha portato alla situazione attuale. E ora, proprio la Banca mondiale, che «ha contribuito a indebolire gli agricoltori imponendo la liberalizzazione dell'economia», mette questo settore al centro degli sforzi per la lotta contro la povertà del pianeta nel suo rapporto sullo sviluppo del 2008. Paradossi in cui si dibattono anche gli stati in via di sviluppo dei 37 paesi minacciati dalla crisi alimentare.
In Costa d'Avorio, dal primo d'aprile le autorità hanno sospeso le tasse d'importazione per i generi di prima necessità come l'olio da tavola, il riso, il grano o lo zucchero. Il governo senegalese ha bloccato per un breve periodo il prezzo del pane nell'ottobre 2007. In Mali, si sperimenta invece il pane burunafama, farina di grano mista a cereali locali come il sorgo (immangiabile, dicono le associazioni dei consumatori). In Egitto, il governo ha sovvenzionato il pane e lo ha fatto distribuire dall'esercito. Misure che gravano sui già magri bilanci degli stati africani e che l'Fmi giudica «false soluzioni». Alcune realtà del sud, sperimentano però altre direzioni. Il Diplo ne dà conto, indicando i risultati raggiunti, per esempio, in Mali dalle scelte dei coltivatori di cotone. Rimettere l'agricoltura locale e la sicurezza alimentare al centro delle politiche economiche vuol dire porre il problema della sovranità e del controllo delle proprie risorse. Un tema che, in America latina, ha già prodotto risultati evidenti


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